Les genres du manga

Parce que cette partie n'a pas une fonction encyclopédique, nous ne parlerons que des genres traduits par Passion Fruitée. Deux sites nous ont servi de source : Aestheticism et Wikipedia. Notez que cet article peut être sujet à de futures corrections.

Shôjo : Ce genre est destiné aux filles (de l'école primaire au lycée, même si quelques Shôjo sont susceptibles de plaire aux femmes adultes). S'il existait avant la 2nd guerre mondiale des comic strip (BD en quelques cases) destinés aux filles, le genre tel que nous le connaissons se développa dans les années 50, avec par exemple Ribon no Kishi d'Osamu Tezuka. Les thèmes du Shôjo tournent généralement autour de l'amour, de la vie à l'école, du monde du spectacle...
Au fil des années, on vit apparaître des histoires basées sur le surnaturel et/ou l'horreur. Dans les années 70/80, la SF se développa aussi.

Shônen : Ce genre est destiné aux garçons (de l'école primaire au lycée). Il apparaît durant les années 60. Depuis les années 90, le genre a évolué vers des lecteurs plus adultes, amenant certains Shônen à la frontière du Seinen (MPD Psycho, par exemple). Le Shônen classique met en scène des protagonistes se battant pour le pouvoir mais généralement avec pour objectif de faire triompher le Bien. Les valeurs nobles, telles que l'amitié et le dépassement de soi, sont mises en avant et les protagonistes vivent toutes sortes d'aventures périlleuses. Cependant, le genre ne se cantonne pas à cela, puisqu'il existe aussi des comédies romantiques, des manga dédiés à un sport, etc...
Après 1968, on vit apparaître de plus en plus de Shônen avec un contenu à caractère sexuel.

Yaoi : Il s'agit d'un genre très difficile à définir, car il se trouve que les définitions étrangères ne sont pas celles qui existent au Japon. Nous allons donc commencer par vous présenter ce genre tel que nous le définissons en Occident, puis tel que le définissent les japonais.
Le Yaoi met en scène des personnages homosexuels, de sexe masculin, vivant des intrigues amoureuses. Selon que le manga soit soft, on parle de Shônen-ai, ou de Yaoi. Le genre est plutôt destiné à un public féminin. En France, ce genre est peu traduit mais il a littéralement explosé aux Etats-Unis. L'Italie et l'Allemagne suivent de près. En raison de la confusion qui règne dans la classification des manga chez nous, beaucoup de titres qui sont considérés comme des Shôjo par les japonais (Yami No Matsuei, par exemple) sont vus comme des Yaoi chez nous.
Au Japon, le terme Yaoi désigne l'acte sexuel, dans un manga, entre deux hommes ou un manga contenant du sexe ou dont la majeure partie de l'intrigue tourne autour de celui-ci. L'histoire de ce genre est très difficile à comprendre car les termes pour le designer ont fréquemment changé. Aujourd'hui, on parle de Boys' Love (ou BL) et le Yaoi est inclu dedans. Le BL est destiné aux femmes adultes, au même titre que le Ladies (ou Jôsei). Cependant, si leur origine est commune (le Shôjo), ces deux genres n'ont plus de rapport pour les japonais...
Le BL ne s'est pas toujours appelé ainsi. Autrefois, on parlait de June mais ce terme a été peu à peu abandonné quand un éditeur a utilisé ce mot pour son magazine et quand le genre a évolué vers celui-ci que nous connaissons.
Pour ce qui est du magazine June, il publiait des oeuvres (manga et romans) de style Tanbi. Le Tanbi vise la recherche de la beauté à travers une relation homosexuelle. Le style était très littéraire, par l'emploi d'un langage recherché et de kanji peu communs (ce qui les rend difficile à lire). Si le Tanbi a été important dans l'évolution du genre, il n'existe plus aujourd'hui.
Enfin, il y a un dernier terme que nous avons déjà évoqué : Shônen-ai. Apparemment, il désignait les premiers manga à mettre en scène des intrigues homosexuelles, dans les années 70/80. C'était une sous-catégorie de Shôjo. Les relations entre les personnages étaient platoniques et les protagonistes étaient souvent des adolescents (certaines sources parlent aussi de relations platoniques entre adolescents et adultes). Aujourd'hui, ce terme a surtout le sens de pédophilie, bien que le wikipédia japonais mentionne son usage chez les étrangers pour désigner le BL.
Le BL comporte deux termes qu'il est important de définir ici : uke et seme. Ukeru est le verbe qui signifie accepter, recevoir, tandis que semeru signifie attaquer, assaillir. Leur sens est ici sexuel et désigne la position de tel personnage au sein du couple.

Yuri : Alors que le BL vise avant tout un public féminin, le Yuri s'adresse tout autant aux femmes qu'aux hommes. Historiquement, le terme aurait été inventé par le directeur (Itô Bungaku) du magazine gay Barazoku. Il appela les gay "barazoku" (famille de la rose) et les lesbiennes "yurizoku" (famille du lys). Le terme Yuri fut longtemps utilisée par les femmes japonaises homosexuelles mais s'est retrouvé récemment délaissé.
L'appelation Yuri servit aussi à désigner les manga parlant d'homosexualité féminine mais n'est plus utilisée depuis que les manga "yaoi" ont été mis sous l'appelation Boys' Love au Japon. Désormais, on parle de Girls' Love et les termes Yuri et Shôjo-Ai sont considérés d'usage étranger. Notons que Shôjo-Ai n'existe même pas au Japon et a été inventé en Occident en référence au Shônen-Ai. On utilise aussi le terme saffisumu (saphisme), d'origine grecque.
Durant longtemps, le GL resta peu développé, contrairement au BL. Mais à partir des années 90, Sailor Moon et Utena ont popularisé le genre, suivi ensuite du phénomène Maria-sama ga miteru en 2002. C'est en 2003 qu'apparaît un magazine spécialisé, Yuri Kyôdai. Par la suite, un magazine sous le nom de Yuri Hime (chez Ichijinsha) fut publié durant l'année 2005 et depuis Juillet 2007 un nouveau magazine a vu le jour : Yuri Hime S (toujours chez Ichijinsha).
Il existe deux sous-genres de GL :
Esu ou S, qui est l'abbréviation de Sister, ou encore suuru, qui est la prononciation déformée de soeur. Ce type d'histoire se passe dans une école pour fille et l'amour se rapproche plutôt de l'amitié. Maria sama ga miteru est un exemple concret de ce genre. Très cher frère pourrait aussi correspondre, bien qu'il ne soit pas indiqué précisément s'il s'agit d'un Yuri ou d'un Shôjo.
Kudamono a le même sens dans le GL que le terme yaoi dans le BL. En d'autres termes, Kudamono désigne une histoire GL où le sexe est présent ou l'acte sexuel entre deux femmes.
À noter qu'on emploie aussi les termes uke et seme dans le GL. Cependant, neko remplace parfois uke et tachi remplace parfois seme. Tachi a pour origine un terme de kabuki (une forme de théâtre uniquement jouée par des hommes).


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